Laura Stern : l’amie rêvée – Les violences intrafamiliales face aux violences institutionnelles

Violences intrafamiliales

Aujourd’hui, je vous partage un bout de mon histoire personnelle pour aborder les violences intrafamiliales et le dysfonctionnement de notre système judiciaire. Elle peut résonner auprès de nombreuses femmes et mères et peut-être réveiller des traumatismes. Je m’en excuse par avance.

Quelque temps après avoir regardé la série « L’affaire Laura Stern », j’ai encore reçu des appels du père de mon fils. Je ne réponds jamais. Je laisse le répondeur se charger de lui. Comme d’habitude, les premiers messages sont larmoyants et victimaires. Les suivants deviennent très vite agressifs et menaçants. Ça fait plus de 25 ans que ça dure. Plus d’un quart de siècle que cet homme violent et alcoolique continue de nous harceler après avoir détruit la vie de son fils. À la lecture de ses messages, la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est qu’à l’époque, j’aurais adoré avoir une Laura Stern comme amie…

L’affaire Laura Stern, une fiction choc ultra-réaliste

L’affaire Laura Stern est une série diffusée sur France 2. Réalisée par Akim Isker d’après un scénario de Frédéric Krivine et Marie Kremer. Elle débute sur les paroles de la chanson « Je t’accuse » dans laquelle Suzanne dénonce l’inaction de la justice face aux violences faites aux femmes et aux féminicides. Elle est disponible en replay et je vous la conseille vivement si vous ne l’avez pas vue.

L’héroïne, incarnée magistralement par Valérie Bonneton, n’existe pas. Pourtant, nous avons été nombreuses et nombreux à nous demander s’il ne s’agissait pas d’une histoire vraie. Si cette fiction paraît aussi réaliste, c’est tout simplement parce qu’elle s’appuie sur une réalité glaçante : celle des féminicides, en hausse constante, du non-traitement des violences intrafamiliales en France, de l’inaction de la police et des procédures judiciaires, longues, inhumaines et souvent sans effet.

Bien sûr, je ne légitime pas les crimes commis par l’héroïne. Rendre justice soi-même ne mène à rien et le fardeau est bien trop lourd à porter. Mais, c’est un fait : la moitié des victimes de féminicides avaient déjà signalé des violences… Quant aux enfants victimes de violences intrafamiliales, le nombre de plaintes traitées est extrêmement faible par rapport aux chiffres sidérants des violences commises sur les enfants.

Et il est là le problème: la justice – une fois que la police aura daigné prendre votre plainte – ne mène non plus à rien la plupart du temps

J’ai souvent rêvé d’avoir une Laura Stern comme amie

J’ai vécu la violence. Mon fils aussi. Je suis partie dès qu’il a commencé à s’en prendre à lui. Il avait un an et demi. J’ai cru pouvoir le protéger. Je suis passée devant le juge des affaires familiales : un week-end sur deux, la moitié des vacances scolaires pour le père. Mais… L’alcool, la violence ! ‘’Il n’y a pas de mais madame. Monsieur affirme ne pas boire d’alcool. On le crois. Passez votre chemin.”.

Je suis allée voir la police, même son de cloche : « Tant qu’il ne se passe rien, on ne peut rien faire ». J’aurais sûrement dû me battre, monter des dossiers, prendre un avocat. Mais j’étais jeune, seule et démunie. J’ai fait des erreurs. Mon fils les a payées.

Quand je le déposais chez son père, j’angoissais tout le week-end. Je vous avoue avoir rêvé d’incarner le personnage de Laura Stern. De nombreuses fois… Un jour, j’ai eu le malheur de lui dire que s’il se passait quoi que ce soit, je ferais tout pour qu’il n’y retourne pas.

Quelle erreur ! Son père avait mis en place un véritable chantage affectif, lui interdisant de raconter ses week-ends sous peine de ne plus jamais le voir. J’avais négligé l’amour inconditionnel des enfants. Je n’ai jamais rien su.

À onze ans, un jour de déménagement, il a choisi de vider ses bagages : la violence subie, le harcèlement, l’alcool omniprésent, etc. Ça a été un choc. J’ai saisi la justice. J’ai perdu. J’ai perdu malgré le courrier très détaillé de mon fils, malgré le casier judiciaire du père. Dans son rapport, l’enquêtrice sociale a même osé rédiger : « Dans l’intérêt de X, il paraît souhaitable que le lien avec son père soit maintenu. »

Malheureusement, mon histoire est loin d’être unique. En France, ce sont les femmes et leurs enfants qui sont présumé·es coupables de mensonge quand un conjoint ou un père violent est dénoncé…

Je vous invite d’ailleurs à regarder le film « Jusqu’à la garde ». Il illustre parfaitement les drames qui se jouent derrière le maintien de la sacro sainte position du pater familias.

Le traitement des violences intrafamiliales en France

Toutes les victimes de violences intrafamiliales qui parviennent à entamer des démarches connaissent bien ce lourd parcours de la combattante.

Surtout lorsque la première porte à franchir se referme devant nous. Et le meurtre de Lyhanna, 11 ans, en est l’abjecte illustration. Une plainte pour viol sur mineure de quinze ans avait été déposée en 2022 contre Barella, puis une autre en août 2025. Un signalement avait même été émis en 2017 par la mère d’une mineure, puis en mars 2026 par l’Aide sociale à l’enfance. En tout, neuf procédures ont été recensées. Avant ce drame, il n’a jamais été convoqué ni auditionné par la police. J.A.M.A.I.S

La société, bouleversée, s’est dressée vent debout contre ce crime affreux et l’impunité des prédateurs sexuels – alors que l’affaire Epstein s’enlise dans les méandres du pouvoir-.

Lyhanna, c’est l’injustice de trop. Depuis des décennies, les associations et le système judiciaire dénoncent l’inaction du gouvernement et le manque de moyens humains et budgétaires. Mais ce dernier, au lieu de protéger les femmes et les enfants, préfère réduire les associations au silence en baissant le montant de leurs subventions, tout en abandonnant les services de polices et la justice.

Une note rédigée le 27 juillet 2026 par Gérald Darmanin et adressée à Laurent Nuñez dévoile le naufrage systémique des enquêtes pour atteinte sexuelle sur mineur·es. Elle fait la synthèse de 37 parquets généraux et recense 85 047 plaintes en cours. La note révèle des milliers de dossiers fantômes, égarés ou jamais transmis aux procureurs. En cause : un logiciel obsolète qui a coûté 260 millions d’euros, l’abandon de moyens massifs et des sous effectifs. Les policiers dénoncent toutefois l’hypocrisie de Darmanin. D’après l’Association nationale de police judiciaire (ANPJ), “si ces constats et alarmes sont justifiés, c’est bien son propre bilan de ministre de l’intérieur que l’actuel ministre de la justice torpille aujourd’hui. »

Continuons avec quelques chiffres édifiants…

Les violences intrafamiliales sur enfants : le grave dysfonctionnement du système judiciaire

Pour les enfants, la quasi-totalité des dossiers n’aboutit pas à une sanction pénale de l’agresseur :

Les femmes, victimes elles aussi d’un système judiciaire à l’abandon

Pour les femmes, les chiffres parlent aussi d’eux-mêmes :

  • 376 000 femmes majeures déclarent chaque année être victimes de violences physiques, verbales, psychologiques ou sexuelles au sein de leur couple.
  • Environ 47 % des femmes victimes de féminicides avaient déjà signalé des violences aux autorités auparavant, et 81 % d’entre elles avaient formellement déposé plainte.
  • 42 % des affaires enregistrées par les autorités sont classées sans suite.

Sortir des violences intrafamiliales : il existe des solutions !

Si la France s’enlise dans des réformes de façade, certains de nos voisins prouvent que des politiques publiques volontaristes sauvent des vies.

La Belgique et l’Espagne, des pionniers en Europe

Le modèle de prise en charge intégrale développé par la Belgique s’impose comme une référence. Grâce à des centres d’aide d’urgence médico-psychologiques et policiers, ouverts en continu, la Belgique offre un guichet unique aux victimes et évite ainsi la dispersion des procédures et le traumatisme des récits répétés.

La loi cadre intégrale instaurée en Espagne depuis 2005 et réclamée par de nombreuses associations en France est aussi un exemple à suivre. En 16 ans, elle a permis de réduire de 24 % le nombre de féminicides sur son territoire. En créant des tribunaux spécialisés, en formant massivement les magistrat·es et en accordant une aide financière immédiate aux victimes pour qu’elles puissent fuir, l’Espagne a prouvé qu’une volonté politique forte peut briser le cycle de la violence.

L’adoption de la proposition de loi n° 2169

Il existe une proposition de loi déposée le 2 décembre 2025 qui sera enfin débattue à l’Assemblée nationale fin septembre 2026. Elle comprend notamment :

  • La création d’une nouvelle juridiction spécialisée et d’unités spécialisées au sein de la police judiciaire pour traiter les violences sexistes et sexuelles.
  • La généralisation de l’aide juridictionnelle, sans condition de ressources, pour les victimes d’agression sexuelle.
  • La mise en place d’un entretien individuel annuel obligatoire pour chaque enfant dès son entrée en maternelle pour libérer la parole.
  • Le renforcement de la protection et de la coordination pluridisciplinaire autour des mineurs victimes.
  • L’interdiction dans la loi de la résidence alternée ou principale au parent auteur de violences et l’encadrement strict du droit de visite.
  • L’obligation renforcée pour les employeur·euses de former les salarié·es contre les violences sexistes et sexuelles.
  • La création dans chaque département d’un centre dédié à la prise en charge complète des victimes de violences sexistes et sexuelles.

D’autres pistes possibles

L’affaire Pelicot reflète également parfaitement le système patriarcal et la culture du viol qui gangrènent notre société. Les agressions ne sont pas le fruits de « monstres », mais bien de ce que notre société refuse de voir : des hommes ordinaires. Ces fameux « Bons pères de famille » tels que les décris Rose Lamy dans son essai éponyme.

Pour parvenir à s’extraire des schémas patriarcaux, la prévention et l’information sont capitales. Il faut absolument débloquer des moyens suffisants pour que les séances d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVARS) soient réellement dispensées. Seuls 15 % des élèves bénéficient de ces séances. Fin 2025, le Tribunal administratif de Paris à d’ailleurs condamné l’État français pour « carence fautive ».

La multiplication des Centres de Prise en Charge des Auteurs de violences conjugales (CPCA) serait aussi une mesure phare pour lutter contre la récidive. La France compte seulement 30 CPCA sur le territoire. Pourtant la méthode a fait ses preuves. Lorsqu’un suivi pluridisciplinaire et thérapeutique est mis en place, le taux de récidive passe de 33 % à 15 % (voire 10 % dans certaines structures).

Il est également essentiel d’instaurer de réelles mesures pour combattre l’infantisme. Par exemple, en intégrant les enfants et les adolescent·es dans les décisions qui les concernent, à l’école comme dans la cité. En apprenant aux professionnel·les (professeur·es, soignant·es) à respecter l’autonomie et les droits fondamentaux des mineur·es. En tenant compte de la voix de la jeunesse dans la lutte contre le réchauffement de la planète pour préserver leur avenir. Etc.

Enfin, la mise en place de la réparation des inégalités femmes/hommes telle que nous la proposons. Elle s’appuie sur une compensation financière qui couvre les années d’écarts salariaux et la taxe rose. Ce qui permettra notamment de redonner du pouvoir d’achat aux femmes, nombreuses à continuer de subir les coups et les injures parce qu’elles ne possèdent pas les ressources financières suffisantes pour quitter le domicile.

Violences intrafamiliales, patriarcat et capitalisme

L’augmentation des violences intrafamiliales et son non-traitement n’est pas le fruit du hasard. Lorsqu’un gouvernement est capable de débloquer 436 milliards d’euros d’ici à 2030 pour l’armée alors qu’il ne consacre que 171,7 millions d’euros aux violences conjugales, il fait un choix. Il nourrit le capitalisme au détriment des vies.

L’oppression des femmes et des enfants n’est pas une nouveauté. Le patriarcat est un ordre social établi depuis des siècles, encouragé par les religions qui ont consacré la figure du chef de famille et la soumission des épouses. 

Si cette domination persiste encore dans une société qui se veut moderne, c’est tout simplement parce qu’elle sert les intérêts du capital. Le patriarcat et le capitalisme sont complémentaires et se nourrissent l’un l’autre.

Le premier organise les inégalités et fournit des justifications, tandis que le second s’approprie le corps des femmes, leurs savoirs et leur travail pour réaliser des profits. Et il en va de même pour les enfants. En France, des enfants mineurs meurent encore au travail…

Les violences intrafamiliales s’inscrivent dans ce système de domination. Au même titre que le colonialisme, l’esclavagisme et l’infantisme. Le capitalisme a besoin de dominer pour exister

Et c’est bien ce qui explique l’immobilisme de nos dirigeants. Dans la plupart des pays, c’est le capital qui gouverne. 

Augmenter les fonds à la formation, oui. Mais, ce n’est pas suffisant. Quand, en 2026, un enfant victime des violences de son père ose franchir la porte de la gendarmerie et qu’il n’est pas pris en considération parce qu’à “cet âge là, on dit beaucoup de mensonges”, ce n’est pas une question de formation

Tant que notre société ne sera pas nettoyée du patriarcat, et du capitalisme avec lui, des milliards de femmes et d’enfants se verront refuser leur dépôt de plainte (ce qui, soit dit en passant, est illégal).

Les chiffres des violences intrafamiliales en Charente-Maritime

En 2024, la Charente-Maritime enregistrait 3 341 victimes de violences intrafamiliales. Soit 9 % de plus que l’année précédente.

Si nous n’avons pas encore les chiffres de 2025 pour le département, le collectif #NousToutes comptabilise 170 féminicides au niveau national, dont le meurtre d’Agnès à Saintes le 9 avril 2025, le meurtre d’une femme à Périgny le 17 mai, le meurtre d’une femme de 75 ans à La Devise le 24 juin et une tentative de féminicide à Pons le 19 juillet.

Quant aux violences faites aux enfants, elles se chiffrent par dizaines de milliers de victimes par an : 160 000 victimes de violences sexuelles, plus de 100 000 mineur·es victimes de violences physiques et un décès tous les cinq jours au sein de la famille.

Et encore, ces chiffres sont probablement sous-estimés, notamment à cause de la pression parentale, de la dissociation et de l’amnésie traumatique. En Charente-Maritime, les forces de l’ordre ont enregistré en 2024 des centaines de mineur·es victimes ou co-victimes de violences intrafamiliales, avec 830 mineurs recensés par la gendarmerie et 173 par la police.

Victimes à Saintes et aux alentours : les lieux ressources à connaître

Malgré cet état des lieux négatif de la prise en charge des violences faites aux femmes et aux enfants en France, il existe toutefois des structures qui sont là pour vous guider, vous écouter et vous protéger. Si vous traversez cette épreuve ou si vous suspectez des violences autour de vous, surtout, ne restez pas seule.

Au niveau local

  • CIDFF de Charente-Maritime : le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles est un lieu indispensable qui offre une écoute privilégiée, un accompagnement juridique gratuit et confidentiel ainsi qu’un soutien psychologique pour toutes les femmes victimes.
  • AVVIF 17 (Association de Victimes de Violences IntraFamiliales) : un réseau solidaire d’entraide et de partage d’expériences en Charente-Maritime pour rompre l’isolement. 
  • Mouv’Enfants Charente-Maritime : une association locale militante qui lutte activement contre le déni massif entourant les violences faites aux enfants dans notre département et propose des actions de sensibilisation.
  • L’ADSEA 17 (Association Départementale de Sauvegarde de l’Enfance) : une structure d’utilité publique qui intervient dans la protection de l’enfance et accompagne les mineur·es en situation de détresse familiale. 

Au niveau national

  • La Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF) qui gère le 3919, la ligne d’appel destinée aux femmes victimes de violences. Elle est accessible 24h/24 et 7j/7. Chat disponible sur le site.
  • App-Elles, une application gratuite créée par l’association Résonantes, à télécharger sur smartphone. Elle permet de contacter rapidement proches, secours, et les associations adaptées.
  • La fondation des femmes : structure de référence, elle apporte un soutien financier, juridique et matériel aux initiatives associatives à fort impact. Vous trouverez de nombreuses ressources et liens utiles sur leur site. 
  • Le Collectif #NousToutes : un collectif féministe majeur qui lutte contre les violences sexistes et sexuelles à travers des campagnes de sensibilisation, des manifestations et un suivi quotidien des féminicides.
  • Allo 119 enfance en danger : numéro gratuit, anonyme, accessible 24h/24 et 7j/7, doublé d’un tchat en ligne pour signaler toute situation de mineur en risque ou en danger sur Allo 119.
  • L’Enfant Bleu – Enfance Maltraitée : association nationale apportant un soutien psychologique et juridique direct aux enfants et adultes ayant subi des maltraitances durant leur enfance. 
  • Collectif Enfantiste : organisation dédiée à la défense des droits des enfants et à la lutte contre l’infantisme et la pédocriminalité. 

Ne jamais minimiser l’invisible : la blessure des mots

Pour conclure, il est primordial de rappeler que les violences intrafamiliales revêtent de multiples visages. Il ne faut jamais minimiser une forme de violence par rapport à une autre. Celle qui ne se voit pas, celle qui ne laisse pas de bleus sur la peau, fait tout autant de mal que celle qui ensanglante le corps.

Les injures, le dénigrement, la maltraitance psychologique, le contrôle coercitif et ces petites phrases insidieuses qui se répètent chaque jour à voix basse détruisent une âme à petit feu. Sans oublier la mainmise sur les moyens financiers des femmes par leurs compagnons toxiques, les rabaissant à une place de dépendance.

Au cinéma, le film L’amour et les forêts dénonce magistralement l’emprise et le harcèlement psychologique au sein du couple. Je vous invite également à écouter le podcast Émotions “Comment sortir de l’emprise” qui décrypte les mécanismes de l’emprise, aussi bien au sein du couple qu’au travail.

Cette terreur invisible frappe aussi de plein fouet les enfants. Le film bouleversant Un ange à la mer met en lumière ces dynamiques destructrices, tout comme le roman Suspicious river de Laura Kasischke. 

Écouter les mots, décoder les silences et refuser de fermer les yeux sur la violence psychologique est le premier pas pour sauver des vies.

Bien sûr, cela ne suffit pas. Nous avons surtout besoin d’une véritable volonté politique et d’un programme de rupture pour qu’un jour cette société patriarcale cesse de protéger les agresseurs et devienne enfin un lieu où les femmes et les enfants peuvent vivre en sécurité et sans peur. Pour que plus jamais, aucune femme ne rêve de connaître une Laura Stern.